Ce virage là

Septembre 2015, je viens de faire ma 4ème fausse couche, pour ne pas me lasser, la vie m’a offert en plus une grossesse extra utérine. J’attaque la rentrée avec l’idée qu’il ne nous reste « que » deux embryons au frais et je n’ai plus qu’une trompe cette fois.

Le 11 septembre je commence la journée en vomissant, je la termine en consultation d’urgence. Je suis deux coeurs qui battent, le mien et une invitée surprise.

Je suis enceinte. Je suis enceinte de 5semaines « naturellement ».

Une première moitié de grossesse placée sous le signe des montagnes russes.

Des médecins alarmants au possible, deux décès, deux enterrements émotionnellement compliqués. Et puis la rupture avec ma mère.

Chez moi on ne pleure pas. Il faut tout garder et avancer.

Alors j’avance, je caresse cette petite bosse sous mon pull et regarde ma Garance m’embrasser le nombril.

La nuit j’écoute l’homme que j’aime respirer.

J’allume la télé, voit d’autres horreurs s’approcher. Paris clignote de partout.

Plus que jamais le malheur côtoie le bonheur, l’électrochoc se fait et puis tout s’enchaine.

 

Septembre 2016, j’ai des cernes jusqu’au menton mais un coeur beaucoup plus léger.

400km plus tard, j’ai les deux petites filles que j’ai rêvé si longtemps, une vie au vert ponctuée de balades quotidiennes en poussette, porte bébé, en vélo.

Mon tout petit village de 320 habitants.

Un arrêt de bus en bois, deux lavoirs, une rue principale, la forêt au deux bouts.

Les filles ont un fan club de mamies octogénaires 🙂

Des listes de petits plaisirs simples qui reprennent vie.

Des textos de ma soeur qui s’invite pour le café et ne repars que le lendemain.

 

J’ai la perspective de jolies choses à venir, d’une vie plus simple et mille fois plus riche.

Plus riche de vie, de nous quatre.

J’ai enfin fait de la place dans mon coeur, il était temps

 

 

Filles de campagne!

Elles viennent d’avoir 3 mois pour l’une, 2ans pour l’autre. De Paris elles auront les photos et nos souvenirs à nous.

Tout s’est précité et puis finalement voilà nous repartons au vert. Quelque part dans la campagne profonde du Doubs.

C’est une page de 8ans qui se tourne. Un livre complet.

2008, deux minots, de 21ans pour lui et 23ans pour moi, arrivent dans un petit studio de 18m². J’alterne mon boulot de surveillante et mes révisions de concours, lui s’éclate avec sa première année à police secours dans le 93. Pour moi le jour, pour lui la nuit.

2010, je suis titulaire, SAENES dans le 94, on passe à la vitesse supérieure. On achète notre appartement, le chat déboule dans nos vies, j’arrête la pilule…

6 années bien chargées. Une vie en couleurs, un vie de couple passionnée, des amitiés partagées, un travail épanouissant.

2016, nous repartons mi aout, beaucoup plus chargé qu’à l’arrivée! Au milieu des cartons, il y aura le Chat bien sur et ces deux petites filles précieuses que je vais pouvoir couver un peu.

J’emporte ce livre avec moi, mes souvenirs sont un trésor, j’emporte quelques amies avec moi, mes amitiés sont un trésor!

Beaucoup d’amour pendant toutes ces années, le tout partagé avec vous dont quelque unes depuis le début, quelques épreuves de la vie, mais des rires et des joies à n’en plus finir et puis ce bouquet final avec ses 4 mini-mains dans les notre.

Dans nos bagages ;

Célestine, 3 mois, 61cm et 5.2kg de joie

Garance, 2ans, 86cm et 11kg de bonheur

Ma blondinette, ma brunette.

Et un mariage qui se profile pour 2017, au vert avec nos filles comme on le désirait depuis bien longtemps!

 

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Les grands bonheurs de la vie

Tu es là, 11 jours que tes petits doigts serrent les miens et que 4 petites mains se blottissent dans les notre.

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Après une grosse frayeur dont maman a secrètement beaucoup de mal à se remettre la nuit, tu fais désormais partie de notre jolie famille, pour notre plus grand bonheur.

En ce 25 avril, à 11h33, c’est une petite Célestine qui a vu le jour, le tout premier du reste de sa vie.

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Nous sommes comblés.

Je les regarde tous les trois, les use de bisous, les renifle à longueur de journée.

11jours que mon coeur est plein…

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Mes deux filles qui se ressemblent tant, mon presque futur mari, merci la vie!

31 ans, 21 mois, 37sa

Entre grands bonheurs et tout petits tracas, jolis moments et contre-temps.

Un gros ventre qui prend de la place et de l’énergie. Une grossesse très facile mais extrêmement douloureuse ligamentairement parlant et ce depuis le 4ème mois.. Je n’en dis rien c’est très perturbant, fatiguant mais passager et heureusement. 14kg en plus, une démarche de pingouin c’est sur ca sent la fin 🙂

Une jolie petite fille qui s’affirme, qui grandis, qui découvre, qui explore ses sens et ses émotions.Elle a connu sa première opération la semaine dernière, végétations à retirer et paracentèse des oreilles. Un grand moment partagé en famille, de la douceur, des câlins, beaucoup d’explications et la fierté de l’accompagner au mieux sans lui faire ressentir la peur. Elle est partie au bloc sans un pleur et en deux heures nous retrouvions notre petit pinson.

Une petite hirondelle ronde comme sa soeur, en siège décomplété elle aussi et qui verra le jour dans 12 jours, une vraie petite tornade qui me tambourine les côtes avec sa tête, ses mains, ses pieds, qui réagit à chaque caresse. Toujours pas de prénom arrêté et des valises à peine commencées… pour autant sa place est prête, son nid aussi…

Tic-tac…

Le 25 avril c’est la suite de notre jolie vie en couleurs, d’ici là on profite de chaque moment de notre petite fille encore unique et qui sens bien que quelquechose se prépare.

Je n’ai aucune peur de pas ou moins aimer cette petite deuxième, j’en suis déjà folle, juste la ferme intention de protéger autant que possible notre Garance qui ne doit pas grandir trop vite.

Maman veille et maman couve 🙂

 

Te savourer

25sa et des poussières ma petite hirondelle.

Je suis ronde comme un ballon et tu profites bien aussi.

Dans mes pensées du matin au soir. Moi qui aime tellement être enceinte, je te savoure à chaque seconde. Je me fais très doucement à l’idée que ce sera la dernière grossesse. C’est un cheminement pour moi. Quelques petites années en arrière je n’espérais plus tant, je porte cette deuxième petite fille précieuse que tu seras et mon coeur se gonfle d’amour.

Bien sur, une toute petite partie de moi se rappelle qu’il me/nous reste quelques années pour voir la suite. Mais c’est un choix à deux et pour toute une vie, avec des raisons qui nous sont propres.

Là j’ai bien envie de me dire qu’après deux bébés rapprochés, avec des histoires particulières, il sera venu un autre temps, celui de vous voir grandir, celui de prendre soin de nous 4, 5 avec le Chat. Laisser de la place à cette famille rêvée, au couple, ne pas l’asphyxier. Toujours faire briller les yeux de ton papa, faire mûrir des projets simples et plus compliqués. A court terme et à long terme. Nos premières vacances en juin qui me font déjà frémir de joie.

Ta venue comme celle de ta soeur c’est l’addition d’un amour solide et qui nous est très précieux. Plus que des enfants, je rêve d’une famille unie. Ton papa, mon âme-soeur, nos rêves communs. Alors peut être que je devrais un jour faire le « deuil » d’un petit troisième ou peut être que ta venue comme je le pressens sera l’aboutissement d’un tout. Une page parfois bien lourde qu’il est temps de tourner.

Je nous imagine déjà tous les quatre depuis bien longtemps. Pour autant je veux que chaque jour de cette grossesse soit une symbiose entre toi et moi. Tes coups sont forts, tu déformes déjà mon ventre, tu réagis à chaque caresse. Je pense à toi en essayant d’imaginer lequel de ces deux prénoms que l’on aime tant t’irait le mieux. Je t’appelle, je ris et puis mes yeux s’embuent de larmes.

Cette semaine ta grande soeur est 8 jours en vacance en province avec son papa, je suis maman louve mais je sais laisser de la place à ce papa précieux. C’est une période chargée pour moi, je commence tôt, fini tard et je redécouvre des nuits silencieuses 🙂

Je ne me morfond pas, bien sur je vais chaque soir dans sa chambre renifler un doudou mais ce petit reste de temps, il est à toi et moi. Nos souvenirs seront précieux.

Tu me combles déjà tant ma Pimprenelle

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Ecrire la fin d’une histoire.

J’ai été l’enfant, j’ai rêvé d’être maman.

Je suis une maman comblée et j’ai dis aurevoir à la mienne.

J’ai claqué la porte, rangé ma chambre, pris mes affaires, mes photos et laissé une partie de mon coeur en sortant du lotissement.

Je ne suis pas amère, ni en colère. J’ai le coeur en miette de cette décision de toute une vie. Je suis infiniment triste, peinée, honteuse même s’il le fallait.

De quoi souffre t-elle cette mère qui a tout donné, qui a été extraordinaire et qui s’est transformée au fil des années. Quel mal la ronge pour passer de la mamie aimante, à la mamie en colère qui fait peur à ma fille.

C’est 15ans de conflit qui ont explosé dans la nuit du 30 au 31. En pleine nuit devant ma fille terrorisée. Devant ces grands yeux larmoyants, j’ai tout lâché la peine, la colère, la folie, j’ai tout balancé à ma mère. Cette autodestruction que je contient depuis tant d’année. Ce besoin de tout gâcher en un claquement de doigts.

J’ai hurlé pour que mon père intervienne, se mouille, calme les choses, moi par la même occasion. Cette folie qui fait qu’elle a fait le vide autour d’elle. Que ces propres filles marchent sur des oeufs à chaque retour malgré la distance, malgré nos âges.

Des journées entières de mère et mamie aimante et merveilleuse qui éclatent en 10min sur une crise de colère. Ces mots toujours plus blessants, ce rejet de tout ce que nous sommes devenues. Elle la maman fière de ses filles en public et qui les met plus bas que terre à chaque saute d’humeur.

Rien n’a changé depuis des années, sauf l’essentiel je suis devenu maman. La maman louve qui ne peut supporter qu’on attaque mon rôle et encore moins qu’on fasse pleurer ma fille. Je ne suis pas parfaite mais rien ne justifie que ma fille assiste à ces sautes d’humeur et pétage de plombs.

Je lutte depuis 18mois. J’ai craqué. Mon père a baissé la tête une fois de plus, pas moi. Elle ne reviendra pas, jamais, comme à chaque fois, cette fierté mal placée et cette absence de réalité. Sauf que je n’en ferai rien, elle est toxique malgré elle, malgré son immense amour et sa façon d’aimer inconditionnellement.

Reste à savoir si quelque chose est « sauvable » avec mon père, qui subit mais ne sait pas prendre position, qui passe à coté de sa retraite en ne voulant pas lui ouvrir les yeux pour fuir le conflit.

J’ai le coeur en miette mais plus que jamais mon essentiel est ailleurs.

Et pendant ce temps

 On travaille beaucoup, on se voit beaucoup moins.

On court après le temps, on dort peu/mal/de temps en temps la nuit.

Je suis lasse, fatiguée de cette région et de ce rythme ces derniers jours.

2h30 de bouchons tous les jours, lui qui fait du rab sans arrêt.

On peut pas tout avoir, on aime notre travail ce qui est primordial pour nous.

Mais là, c’est dur parfois de tout concilier sans jamais avoir de pause, ni à la maison, ni ailleurs.

Non pas que j’aimerais rester chez moi mais ce temps qu’on perd bêtement me rend folle.

Les vacances approchent,  je bosse jusqu’au 23 et reprend le 4 (fermeture de noël imposée) lui a le 21+22/12 et sera en vacances courant janvier… poin poinnnn

On se fait donc des séances d’amour familial courtes mais intenses.

On joue, on rit, on court avec une Garance espiègle à souhait.

Cette petite fille qu’elle devient sous nos yeux.

Celle qu’on accourt consoler les premières heures de la nuit, (celles qui sont peuplées d’angoisses et de microbes) à deux en se « battant » parfois en riant pour avoir le dernier câlin. (passé minuit curieusement on se bat moins…) 🙂

Et puis le calme arrive, et là ce sont nos moments à nous, parfois plus tendus parce qu’après de longues journées, on ne trouve jamais mieux à faire qu’à relâcher la pression sur l’autre mais souvent plein de douceurs.

Mon petit mec à moi, tout fatigué, il me trouve belle. « Comme un fruit trop mûr » Je m’arrondis et il regarde avec gourmandise. Avec ses mots et ses regards, je suis sa femme et je suis la maman. Je suis l’amante et la future maman.

Je peux bien quelque fois lui tourner le dos en dormant, au milieu de la nuit il y a toujours une main qui cherche celle de l’autre, toujours un petit coup ou un petit pleur qui me rappellent qu’on s’aime fort et qu’on fait de belles choses ensemble.

Alors la, la fatigue se tait…

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